Dans l’imaginaire collectif, les décisions les plus complexes d’un dirigeant seraient avant tout techniques : choix d’outils, arbitrages technologiques, contraintes opérationnelles. La réalité est souvent bien différente.
L’équipe marketing de Multimed Solutions a interrogé Cédric Caria, responsable de l’agence, sur ce constat qu’il partage régulièrement : Les décisions les plus difficiles sont rarement techniques, mais profondément humaines et stratégiques.
Quand vous affirmez que les décisions les plus difficiles sont rarement techniques, que voulez-vous dire concrètement ?
La technique s’acquiert ou s’achète.
En revanche, les décisions qui touchent aux personnes, aux valeurs ou à la stratégie de l’entreprise sont celles qui font réfléchir la nuit. Ce sont elles qui engagent durablement l’entreprise et le dirigeant, bien au-delà d’un simple choix d’outil ou de méthode.
Qu’est-ce qui rend ces décisions si complexes pour un dirigeant ?
Justement, il n’existe pas de formule mathématique ni de technique garantie. Ce n’est pas une science exacte.
Il n’y a d’ailleurs souvent ni bonne ni mauvaise décision au sens strict, mais des choix effectués à partir de données disponibles, d’intuition, d’expérience, de contraintes de sécurité ou de contexte. C’est cette absence de certitude qui rend ces décisions particulièrement complexes.
En quoi l’expérience change-t-elle votre manière d’aborder ce type de décisions aujourd’hui ?
L’expérience me permet de reconnaître plus facilement les signaux d’alerte et les schémas récurrents.
En offrant une meilleure lecture du risque et des conséquences humaines, elle réduit l’agitation émotionnelle et permet de se concentrer sur l’arbitrage rationnel, plutôt que sur la peur de se tromper.C’est aussi l’expérience qui apporte la « sécurité » nécessaire pour décider, même lorsque toutes les informations ne sont pas disponibles.
Avec le recul, qu’est-ce qui est le plus risqué pour un dirigeant : se tromper ou ne pas décider ?
Sans hésiter, ne pas décider.
Comme je l’ai déjà évoqué, le risque de l’inaction est toujours supérieur à celui de l’erreur partielle. Se tromper reste une occasion d’apprendre et de corriger le tir, ce qui maintient l’entreprise en mouvement.À l’inverse, ne pas décider, c’est s’exposer à une paralysie par l’analyse, s’assurer de ne pas gagner le marché et manquer d’honnêteté vis-à-vis de l’équipe comme des clients.



