Dans le quotidien d’un dirigeant, la prise de décision ne se fait que rarement dans un contexte parfaitement balisé. Informations partielles, délais contraints, enjeux commerciaux ou stratégiques : il faut avancer malgré l’incertitude.
L’équipe marketing de Multimed Solutions a souhaité interroger Cédric Caria, responsable de l’agence, sur cette réalité souvent méconnue du rôle de dirigeant : décider sans disposer de toutes les informations.
Quels exemples de décision concrète sont à l’origine de ce sujet ?
Par exemple, la décision récurrente, c’est celle d’un positionnement commercial rapide sur un prospect de l’entreprise. On a souvent un temps limité pour répondre ou pour faire une première proposition.
Il faut avancer avec les informations disponibles, souvent incomplètes sur l’environnement client, les aspects techniques, les enjeux réels ou le budget. Ne pas se positionner, c’est garantir que l’on ne gagnera pas le marché. Le risque de l’inaction est souvent plus grand que celui de l’erreur partielle.
À partir de quand estimez-vous que l’information est suffisante pour décider ?
Quand j’atteins le point où chercher plus d’informations ne fait que retarder l’action, sans changer fondamentalement le scénario.
C’est le moment où le risque de ne pas décider devient plus important que le risque de se tromper avec les informations actuelles. Au final, c’est de la gestion du risque et parfois de la gestion de crise.
Quel rôle jouent aujourd’hui votre expérience et votre intuition dans ces décisions ?
Ce sont des rôles fondamentaux pour un dirigeant.
L’expérience permet de reconnaître des schémas déjà vus, d’identifier les risques, les dossiers « à problème » et les pièges potentiels. L’intuition, elle, n’est qu’une accumulation inconsciente de ces schémas.Quand on dispose d’environ 70 % des informations, c’est souvent l’intuition, nourrie par l’expérience, qui doit apporter les 30 % manquants. C’est aussi cela, le métier de dirigeant.
Quel malentendu souhaitez-vous absolument éviter chez le lecteur de cet article ?
« Je ne veux surtout pas que l’on pense qu’il s’agit d’une défense de l’improvisation ou de la décision prise « à la légère ».
Décider sans tout savoir est un art, une compétence qui repose sur l’expérience et sur une approche du risque mesuré. Ce n’est pas un jeu de roulette russe, mais une faculté qui s’acquiert pour éviter la paralysie par l’analyse.L’objectif est de rester agile, pas d’être « no limit » dans la prise de risque. Il faut d’ailleurs en avoir la possibilité, notamment en termes de sécurité et de cadre. »



